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actualité
16.01.2018
L’Etat veut remettre le tourisme genevois sur les rails
Suite à la débâcle des Fêtes de Genève et au licenciement du directeur de l’office du tourisme, le conseiller d'Etat Pierre Maudet veut «reprendre la main» sur la fondation Genève Tourisme. Il remet en cause la capacité de la fondation à organiser les Fêtes. Selon lui, la Ville doit s’engager. Le conseiller administratif Guillaume Barazzone n’est pas de cet avis.

Dans une interview accordée à «La Tribune de Genève», le magistrat genevois Pierre Maudet annonce vouloir «reprendre la main» dans l’épineux dossier de la fondation Genève Tourisme & Congrès (FGT&C). Rappelons que la fondation traverse une période mouvementée: elle vient de licencier son directeur général Philippe Vignon et les Fêtes de Genève qu’elle organise ont connu un déficit consécutif en 2016 et 2017, soit des pertes de plus de 9 millions de francs au total.

Retour à une fondation de droit public?
«Le Conseil d’Etat envisage de rebasculer sur une fondation de droit public, annonce Pierre Maudet. Mais je ne veux pas non plus que l’Office du tourisme soit un service d’Etat.» Le conseiller d'Etat déclare également vouloir «renforcer la supervision financière de la fondation.»

Cette supervision étatique divise, comme le prouve les déclarations de plusieurs acteurs du tourisme dans «La Tribune» du jour. Notamment l’hôtelier Paul E. Muller, ancien président de la fondation GT&C, qui estime que chacun a son rôle et doit s’y tenir. Il met en garde contre «l’amalgame entre l’évolution de l’Office du tourisme et des Fêtes. Si les politiques savaient gérer le tourisme, ça se saurait, chacun son métier.»

La Ville et le Canton se renvoient la balle
Sur les Fêtes de Genève, Pierre Maudet remet en cause la capacité de Genève Tourisme à organiser cette manifestation: «Il n’y a pas de tabous à dire que ce n’est peut-être plus à la fondation d’organiser les Fêtes de Genève. Cela pose la question de l’engagement de la Ville, puisque c’est sur son domaine public que se déroule les festivités.»

Dans la responsabilité à assumer dans cette manifestation, le Canton et la Ville se renvoient la balle. Guillaume Barazzone, conseiller administratif de la Ville, répond: «Les Fêtes ont toujours été d’une importance cantonale, d’abord destinées à attirer les touristes. Si le canton souhaite leur maintien, il doit apporter concrètement sa pierre à l’édifice et contribuer à la manifestation. La Ville n’a pas pour vocation de se substituer à Genève Tourisme», lit-on dans «Le Temps» du jour. Il tient des propos similaires dans «La Tribune». Guillaume Barazzone estime qu’«à partir de 2019, il appartiendra au canton et aux milieux du tourisme de décider du maintien ou non des Fêtes.»

Le vote des Genevois le 4 mars prochain jouera également un rôle déterminant pour l'avenir des Fêtes. A ce stade, il n’est guère certain qu’une édition 2018 puisse avoir lieu. Pierre Maudet tient en revanche au feu d’artifice. «Il ne peut pas ne rien se passer en 2018. […] Je veux des feux et Genève Tourisme va les organiser.»

Des Etats généraux du tourisme ce printemps
Le conseiller d’Etat estime que la réflexion doit gagner en profondeur. Il annonce vouloir organiser ce printemps des Etats généraux du tourisme «afin d’adapter les structures aux nouveaux enjeux et aux nouvelles façons de consommer l’offre touristique.» Son ambition pour 2018: remettre le tourisme sur le devant de la scène.

Thierry Lavalley, président des hôteliers genevois, accueille cette idée d’un bon œil. Il souhaite que le débat dépasse le cadre des Fêtes de Genève «et remettre la promotion de la destination au centre. Il est temps de repenser l’animation de la ville de A à Z.» 

A noter que le processus de recrutement pour remplacer Philippe Vignon a commencé. En attendant, Yves Menoud, président de la fondation GT&C, assure l'intérim. (htr/lb)

 

  
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