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meinung
12.01.2017
Douce métamorphose
Au lieu de penser aux horreurs des ans passés, célébrons en 2017, un air de Paris fait de pâtisserie et d'hôtels de quartiers novateurs.
Alexandre Caldara / htr hotel revue vom 12. Januar 2017

L'année recommence et la tentation peut se révéler forte de se ­retourner vers le passé récent des tragédies universelles et person­nelles. Janvier 2015 attentats à Charlie Hebdo. Février 2016 suicide du chef Benoît Violier. Mais suivons plutôt l'écrivain Cioran qui écrivait au philosophe Clément Rosset: «Nous allons démoraliser la planète par nos sourires.»

Défendons ici la joie à travers la douceur si évidente et si complexe de la pâtisserie, celle ou le sucre ne domine pas le spectre des saveurs. Car en feuilletant le numéro anniversaire de Charlie Hebdo nous apprenons que le dessinateur Cabu, assassiné en février, amenait toujours un morceau de cake à chaque bouclage de journal. Le bouclage de journal reste un moment particulier, celui de la dernière retouche ou de la correction impossible. Comme peut-être pour un hôtelier le moment où l'hôte va quitter l'établissement. Pour le cuisinier celui du dernier souvenir, de l'empreinte gustative, laissée par le dessert.

Benoît Violier avait une formation de pâtissier, il l'évoquait souvent, il militait pour que cette profession ne soit pas enfermée au sous-sol et puisse travailler à la lumière du jour. Une lumière dont les journalistes de Charlie Hebdo restent privés, cloîtrés dans un bunker secret. Alors au moment de commencer l'année, on convoque l'or blanc qui fuyait les pistes de ski suisses en décembre pour songer à une mousse de chocolat blanc, servie l'autre jour par le chef parisien William Ledeuil. Elle renfermait du wasabi, il la sert à Ze Kitchen Gallery, élégant restaurant vitré à deux pas de la Monnaie de Paris, bâtiment que plus personne ne visitait et qui connait une deuxième jeunesse en abritant de l'art contemporain.Car la réssurection de Paris si souvent violentée ces derniers temps passe aussi par ces métamorphoses. Le quartier de Pigalle jadis symbole de la prostitution et du banditisme, en donne un parfait exemple en abritant les nouveaux créatifs, dont deux hôtels exemplaires Le Pigalle quatre étoiles et le Grand Pigalle Hôtel quatre étoiles supérieur. Le premier impose une présence rock et sensuelle dans sa narration, à travers les bandes son dans les chambres, le design. Il n'hésite pas à souhaiter la bienvenue dans le quartier avec les visages de ses habitants. Le deuxième impose une classe naturelle qui dit aussi Pigalle. Pour 2017 on vous souhaite, on se souhaite de la joie: «Elle est un don gratuit, une grâce si vous voulez comme l'est une œuvre de Mozart», écrit Clément Rosset. Et de l'insolence: «Il y a dans ma nature de l'insolence ce n'est pas un aspect fondamental c'est un petit piment», écrit Rosset encore.

Le cake de Cabu, la lumière du jour de Benoît, le blanc fort de Wiliam Ledeuil, les métamorphoses de Pigalle. Que 2017 ne soit pas un désert de douceur et que tout se résolve et se dissolve au dessert.

  
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